Post-natal immédiat : accompagner son Yoni avec bienveillance et conscience

Même si nous évoluons et nous dirigeons doucement vers un meilleur respect et accompagnement du post-natal immédiat, celui-ci reste souvent peu abordé par le système « classique » lorsque l’on est enceinte.

En matière de soins pour la jeune mère juste après l’enfantement, la prise en charge se résume très souvent à des traitements médicamenteux (antalgiques, antispasmodiques)… et c’est tout.

Malheureusement, dans la majorité des cas, l’accompagnement reste minimal.

Je me rappelle encore de mon post-natal immédiat lors de la naissance de mon premier enfant : toute l’attention était portée sur mon bébé, et pour moi… rien.

Pas un mot sur l’hématome, les lochies ou la cicatrisation de ma déchirure, ni avant ni après la naissance.

La seule instruction reçue de la sage-femme à la maternité : rester allongée, rincer la cicatrice à l’eau claire et prendre un Doliprane ou un Spasfon… point.

 

Chaque jour, dans ma pratique, j’ai à cœur d’informer et d’accompagner les futures mamans et parents tout au long de la grossesse et du post-natal. L’objectif : que chacun(e) devienne acteur(trice) de ces moments précieux et fasse des choix en conscience.

Pourquoi s’informer sur le post-natal immédiat ?

L’information sur les maux post-nataux n’est pas destinée à ajouter du stress ou de l’angoisse, mais à permettre une préparation douce et réaliste. Connaître les possibles difficultés permet de mieux s’organiser et de ne pas se sentir démunie au moment où elles surviennent.

Pour rédiger cet article, je me suis appuyée sur mon expérience professionnelle, mes connaissances scientifiques et naturopathiques, mais aussi sur mon propre vécu : mon post-natal immédiat il y a trois ans. Avec du recul, j’ai compris que les maux que j’avais subis auraient pu être mieux anticipés et soulagés si j’avais été informée et accompagnée.

Si ce n’est pas votre premier accouchement, je vous invite à refaire un point sur votre(s) précédent(s) post-partum : quels maux avez-vous rencontrés ? Quel accompagnement avez-vous reçu ? Qu’avez-vous ressenti ? Le but n’est pas de revivre ces moments, mais de clarifier ce que vous souhaitez désormais pour vous et votre corps.

Rappelez-vous : tous les corps, tous les accouchements et toutes les expériences sont différents. S’informer à son rythme et selon ses besoins reste la manière la plus naturelle et logique de préparer son post-natal.

(Re) découvrir l’article sur les besoins de maman et bébé en post-natal : [Préparer son enfantement et son post-natal].


Qu’est-ce que j’appelle le Yoni ?

Le Yoni est une partie magnifique du corps féminin, souvent oubliée, mais qui a travaillé intensément pendant la grossesse et l’accouchement.

Le terme « Yoni » provient du sanskrit et signifie « origine ». Il englobe l’ensemble des organes féminins : vulve, vagin, périnée, utérus, ovaires… C’est le siège du pouvoir et de l’énergie féminine, celui qui a permis de porter et de donner la vie.

En médecine traditionnelle chinoise, on considère qu’après l’enfantement, le Yoni et le périnée subissent une grande perte énergétique, pouvant entraîner fatigue et fragilité émotionnelle. Favoriser la cicatrisation et la chaleur est essentiel pour récupérer et préserver votre énergie vitale, que ce soit par l’alimentation, le resserrage du bassin, le sauna vaginal, l’ostéopathie ou l’acupuncture.

Dans la préparation classique à l’accouchement, on parle rarement de l’impact du travail du Yoni pendant la grossesse, des maux possibles en post-partum ou des soins à apporter après la naissance. La rééducation du périnée est souvent le seul point abordé. Pourtant, votre Yoni a travaillé dur pendant 9 mois, il mérite d’être choyé dès les premières heures après la naissance.


Soutenir le Yoni dès le post-natal immédiat

Que la naissance soit par voie basse ou césarienne, le Yoni a subi des modifications importantes : tissus, muscles, membranes, os… Dans les deux cas, il est essentiel de se ménager et de soutenir son corps :

  • Rester allongée autant que possible

  • Expirer à l’effort (se relever, monter les escaliers, attraper bébé)

  • Éviter de porter des charges lourdes

  • Aménager l’espace pour avoir tout à portée de main (lit cododo, alimentation…)

  • Boire des tisanes de framboisier ou d’alchémille (2 tasses/jour max) pour soutenir l’utérus

  • Arnica 15CH : 1 dose pour apaiser les lochies et l’involution utérine

  • Huile de germe de blé sur le ventre pour soulager les spasmes, avec linge chaud

  • Pratiquer la respiration hypopressive

  • Garder le ventre au chaud, même l’été

Après l’arrêt des saignements (à partir de 4 semaines), d’autres soins naturels peuvent être envisagés pour le Yoni, physiquement et émotionnellement (objet d’un prochain article).


Les différents maux physiques du Yoni en post-partum

Rappelez-vous : vous ne souffrirez probablement pas de tous les maux mentionnés ci-dessous. Vous pourrez piocher les informations selon votre contexte (lieu de naissance, type d’accouchement, pathologies…). Entourez-vous de professionnels de confiance (sage-femme holistique, doula, naturopathe) pour accompagner votre post-natal avec des outils naturels.

En cas de déchirure ou épisiotomie + hématome :

  • Rester allongée dès que possible

  • Changer de position selon la gêne

  • Appliquer une poche de glace localement

  • Padsicles (compresses naturelles) pour apaiser le périnée

  • Teinture mère de Calendula pour nettoyer et apaiser la plaie

  • Laisser le Yoni à l’air le plus possible

  • Bains de siège à la camomille romaine, gros sel et huile essentielle de lavande officinale

  • Baume à la grande consoude pour aider à cicatriser

  • Appliquer du lait maternel sur la plaie (propriétés magiques !)

  • Arnica Montana 7CH : 5 granules, 3 à 6 fois/jour

En cas de césarienne :

  • Rester allongée le plus possible

  • Adapter le mobilier pour éviter de se pencher

  • Laver la cicatrice avec douceur, sécher correctement

  • Masser doucement autour pour limiter les adhérences

  • Teinture mère de Calendula pour nettoyer

  • Huile de rose musquée pour cicatriser

  • Laisser sécher à l’air libre

  • Tégarome sur cicatrice (minimum 15 jours après la naissance)

En cas d’hémorroïdes ou congestion anale :

  • Bains dérivatifs

  • Éviter de s’asseoir sur une bouée, surélever les jambes aux toilettes

  • Huile essentielle de Cyprès + huile végétale sur les hémorroïdes

  • Marronnier d’Inde en gemmothérapie : 20 gouttes 2x/jour

  • Prévenir la constipation : alimentation riche en fibres, 2 L d’eau/jour minimum, graines de lin ou psyllium


En plus : hygiène de vie globale

En naturopathie et en médecines douces, l’individu et son hygiène de vie sont essentiels. Les conseils ci-dessus soulagent directement les maux, mais combinés avec :

  • une alimentation adaptée,

  • un soutien émotionnel fort,

  • un environnement serein,

…vous optimisez vos chances de vivre un post-natal doux et de ne pas subir les maux du Yoni mais de les accompagner.

Préparer votre post-natal et les soins à apporter est un moyen sûr de profiter pleinement de vos moments avec bébé et votre tribu. L’accompagnement et la bienveillance sont indispensables pour se sentir soutenue et entourée.

Plus les femmes connaîtront leur corps et prendront conscience du pouvoir qui sommeille en elles, plus elles pourront en prendre soin en toute autonomie.

Vivez nue, en peau à peau, dès les premiers instants avec bébé pour faire le plein d’ocytocine, d’amour et de good vibes. L’ignorance mène à la peur, la connaissance mène à l’autonomie et à la confiance en soi.

 

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